La Ville prend un arsenal de mesures pour renforcer votre sécurité

Publié le 06/01/2015

La Ville prend un arsenal de mesures pour renforcer votre sécurité

Nouvel arrêté municipal, généralisation de l’armement, extension de la vidéosurveillance : la Ville prend un arsenal de mesures pour renforcer la sécurité des Stéphanois.

La sécurité est une des priorités du mandat de la nouvelle équipe municipale. La première traduction concrète a été le renforcement des effectifs avec une quarantaine d’agents supplémentaires, dont 27 agents de police.
« Nous passons à la vitesse supérieure en engageant une véritable révolution dans les moyens mis à disposition de la police municipale, indique Gaël Perdriau. Je souhaite mobiliser tout l’arsenal dont dispose le maire pour rendre la ville plus sûre et faire en sorte que les Stéphanois se sentent bien, qu’ils aient de nouveau envie de profiter de l’espace public. »
 
Parmi les décisions fortes figure en premier lieu le nouvel équipement des policiers municipaux. Actuellement, 113 policiers travaillent sur une amplitude horaire de 6 h à 22 h. Leur équipement permanent comprend des menottes, des bâtons de protection télescopique, des bombes lacrymogènes et un gilet pare-balle, seules les équipes de nuit intervenant entre 18 h et 2 h du matin étaient jusqu’à présent armées.
 
 
Une situation qui a donc changé depuis la mi-décembre puisque l’ensemble des effectifs de la police municipale est dorénavant armé, de jour comme de nuit. Un choix motivé par « la volonté de donner aux policiers municipaux les moyens de répondre aux violences des malfrats en étant aussi bien équipés qu’eux. Les voyous n’ont pas d’heure pour opérer ! » En complément, chaque patrouille sera dotée d’un équipement de type Taser et chaque équipage aura également à sa disposition une caméra embarquée. Constitué d’une petite caméra portée par l’un des agents de la patrouille, ce dispositif offre pour le maire de Saint-Étienne deux avantages : « Il permet d’avoir une constatation plus efficace des infractions mais aussi de protéger les agents et de diminuer les agressions physiques ou verbales dont ils sont victimes ».
 

Deux fois plus de caméras 

 
Autre mesure phare : le développement de la vidéo-protection. Le dispositif sera étoffé et modernisé : « nous avons aujourd’hui une centaine de caméras. Ce parc sera doublé d’ici la fin de notre mandat comme nous nous y sommes engagés », a rappelé Gaël Perdriau. Dès 2015, 25 nouvelles caméras seront déployées et 15 caméras passeront de l’analogique au numérique pour une meilleure performance. Parallèlement, la vidéo-verbalisation sera généralisée : les 4 caméras implantées actuellement ont permis de réaliser près de 620 verbalisations avec seulement 1 % de contestation, l’outil a donc fait ses preuves. Un nouveau périmètre sera mis en place, étendu aux places Jean-Jaurès, Hôtel-de-Ville et aux rues Aristide-Briand-et-de -la-Paix, Alsace-Lorraine, Louis -Braille, Général-Foy, président-Wilson, Gérentet, République et quartier Saint-Jacques. Les zones de vidéoverbalisation seront signalées par des panneaux d’information.
 
Enfin, parce que la sécurité est un élément qui contribue à l’amélioration de la vie quotidienne des Stéphanois et donc à l’attractivité de la ville, le maire de Saint-Étienne a signé un nouvel arrêté qui permettra aux agents des polices municipale et nationale d’intervenir plus efficacement envers les comportements qui troublent la voie publique. « Je souhaite envoyer un message clair aux fauteurs de troubles : l’espace public ne leur appartient pas, a réaffirmé Gaël Perdriau. Il doit être rendu aux familles, aux Stéphanois. Chacun doit pouvoir profiter en toute tranquillité d’un cadre de vie apaisé. »
 
 
Prévention : Il faut tout tenter !
 
La politique de sécurité de la Ville de Saint-Étienne se construit dans un juste équilibre entre répression et prévention. Voici, avec les élus concernés, les principales mesures développées.
 
Que fait la Ville en matière de prévention de la délinquance ?
Marie-Christine Buffard, adjointe en charge des affaires juridiques : Notre action comporte selon moi trois volets : le rappel à l’ordre, les travaux d’intérêt général et l’aide aux associations agissant contre toutes formes de violence et de délinquance. Il doit y avoir un juste équilibre entre sanctionner, réparer et aider. Qui mieux qu’une mairie peut jouer ce rôle d’équilibre par sa connaissance des enjeux locaux ?
 
En quoi consiste ce rappel à l’ordre ?
C’est un dispositif qui est inscrit dans la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance. Il permet au maire, dans le cadre de son pouvoir de police, de rappeler à l’ordre une personne, mineure ou majeure, auteur de faits susceptibles de porter atteinte au bon ordre de la commune.
Ce rappel intervient hors cadre judiciaire, il ne doit pas y avoir de mesure de police ni d’enquête. Cela peut être, par exemple, des enfants qui jettent des canettes dans la rue ou font délibérément du bruit le soir, ou encore pour de l’absentéisme scolaire. Je crois que le fait d’être convoqué avec ses parents chez le maire, en présence d’un représentant de la police municipale ou nationale, peut impressionner le jeune : cela vaut en tout cas la peine d’être tenté. D’autant qu’il reste une trace : le maire doit aviser le Procureur de la République de ce rappel à l’ordre, un compte rendu est également adressé au Parquet.
 
Claude Liogier, adjoint à la sécurité : Je partage cet avis. Certaines personnes refusent l’autorité de la police. Si le message vient d’une autre autorité, je pense que cela peut avoir un certain effet. On est là pour dire « ça suffit ». Quelque part, il faut tout essayer. Si on ne tente pas l’expérience, on ne sait pas ce que cela peut donner ! Le rappel à l’ordre vise un public composé essentiellement de mineurs. On veut les atteindre par la responsabilisation des parents qui ne savent pas toujours ce que font leurs enfants. Cela peut permettre de détecter des problèmes et d’orienter les familles vers des structures qui pourraient leur venir en aide. Le tout est d’éviter qu’un jeune qui a juste commis des incivilités ne devienne un délinquant. On est bien là dans la prévention.
 
 
Les travaux d’intérêt général (TIG) sont dans le même esprit ?
Marie-Christine Buffard : Le TIG est une alternative à une sanction pénale pour des personnes qui ne sont pas connues des services de police et n’ont pas de casier judiciaire, c’est une mesure qui leur évite l’incarcération.
Ce travail n’est pas rémunéré car il s’agit bien d’une sanction prononcée par un tribunal ou un juge. Il peut se réaliser auprès d’associations, de collectivités ou d’entreprises. Le «tigiste » est mis à disposition de la collectivité mais l’employeur est l’administration pénitentiaire. Le principe est bien que ces personnes soient sanctionnées, payent leur dette à la société et ensuite, on tourne la page.
 
Quels sont les travaux que ces « tigistes » peuvent réaliser ?
Ce sont des travaux qui peuvent être très variés et rendent service à la collectivité. Cela peut aller du jardinage, débroussaillage, déneigement, entretien des espaces verts, nettoyage du mobilier urbain, à des tâches administratives comme du classement, de la
saisie informatique ou du standard simple. On peut aussi envisager des travaux dans une optique écologique comme le nettoyage des berges ou des cours d’eau... J’estime que les TIG font partie des devoirs d’une collectivité, nous sommes d’ailleurs soutenus dans notre démarche par le Procureur de la République. Agir en faveur de la cohésion sociale fait aussi partie de notre politique de sécurité, comme notre attention aux associations de victimes. Faire respecter la loi, rappeler les gens à l’ordre et apporter notre soutien aux victimes, leur dire qu’elles ne doivent pas avoir peur de se manifester, toutes ces mesures contribuent à ce que nous cohabitions bien ensemble.
 
Et que devient le Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) ?
Claude Liogier : Nous avons déjà regroupé tous les budgets dans une seule direction, celle de la police municipale, pour donner davantage de visibilité à ce dispositif qui représente un budget annuel de 300 000 €. Il s’agit de subventions allouées à des associations, des centres sociaux, des maisons de quartier pour des projets destinés notamment à la jeunesse. Nous souhaitons aussi aider par exemple les associations en charge de la lutte contre les violences faites aux femmes. Ces aides peuvent les aider à mieux se faire connaître, leur donner davantage de visibilité. Nous voulons donner une plus grande impulsion au Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance et aller vers une meilleure coordination des acteurs sociaux.